Saint Philippe-du-Roule

                                            le 26 janvier 2021

Ce message aurait dû déjà partir depuis longtemps. C’est que j’avais peut-être un peu oublié le rythme qu’impose la vie ordinaire… Avec en plus, tout de même, la surcharge due à la découverte d’une nouvelle paroisse.

Avant toute chose, laissez-moi vous souhaiter, il est encore juste temps pour le faire, une bonne et sainte année 2021. Comment souhaiter une bonne année dans le contexte que nous connaissons ? Eh bien je ne crois pas qu’une bonne année soit une année sans difficulté. Une année est bonne quand elle nous fait grandir et progresser. En ce sens, j’affirme que l’année qui vient de se terminer a été vraiment bonne pour moi. Difficile, certes, mais réellement riche. Et j’ose affirmer qu’elle l’aurait été même si le Seigneur avait jugé bon de me rappeler à lui. Après tout, le but de notre vie n’est-il pas dans cette rencontre que nous espérons et à laquelle nous nous préparons jour après jour ? Enfin je le verrai de mes yeux ! En disant cela, je n’ignore pas la peine de ceux qui restent et qui ressentent la brûlure de la plaie ouverte quand l’être aimé disparaît hors de la vue d’ici-bas. Mais « j’estime, comme dit Saint Paul, qu’il n’y a aucune commune mesure entre les souffrances de la vie présente et la gloire qui va se révéler en nous » (Rm 8,18). C’est le bonheur sans limite qui nous attend !

La bonne année que je vous souhaite, c’est une année pleine d’espérance. C’est sans doute ce qui manque le plus à notre temps. Or l’espérance, il ne faut jamais l’oublier, n’a pas grand chose à voir avec l’espoir humain qui ne sait rien dire d’autre que « pourvu que !… » Pourvu qu’on en sorte, pourvu qu’il fasse beau et que ceux que j’aime aillent mieux. Pourvu que le gouvernement comprenne que… L’espérance ne dit pas : « demain sera mieux qu’hier », elle dit : « demain, Dieu sera avec nous et nous donnera sa grâce, comme il l’a fait depuis toujours et jusqu’à aujourd’hui ». L’espérance est un don de Dieu. Elle est donc à recevoir, ce qui suppose un cœur disponible et ouvert. Un cœur de désir.

La bonne année que je vous souhaite, c’est aussi une année pleine de tendresse. Tellement nécessaire, elle aussi. Les difficultés traversées depuis quelques mois montrent à quel point le monde en est assoiffé. Et quand elle ne peut plus s’exprimer par le geste (un peu quand même, j’espère !), il faut la dire encore plus avec les yeux, avec la voix, avec la délicatesse du coeur. C’est à l’Immaculée, la Mère de tendresse, que je demande sans cesse de nous l’apprendre. La tendresse est quasi-théologale, et elle est donc aussi à recevoir, pour pouvoir la communiquer. Soyons des professionnels de la tendresse !

J’ai terminé ma convalescence, et je me sens en pleine forme. Forme confirmée par la Faculté début janvier, qui m’a déclaré bon pour le service. J’en rends grâce de tout mon cœur. Et donc, comme prévu, me voici curé à Saint-Philippe-du-Roule depuis le 1er janvier. Mgr Aupetit viendra m’installer canoniquement dimanche prochain, 31 janvier. Hélas, les circonstances font que nous sommes obligés de réduire considérablement la voilure. J’ai attendu un peu le dernier moment, dans l’espoir malgré tout d’une accalmie dans la crise. Mais non ! Il nous faut donc nous limiter aux paroissiens, et nous ne pourrons même pas organiser de pot après la messe. Ça me déchire le cœur, mais je suis obligé de demander aux paroissiens de Notre-Dame-du-Travail et à tous les amis de ne pas venir : nous n’aurions plus la possibilité de respecter les consignes et nous mettrions du monde en danger. Mais qu’à cela ne tienne, je vous promets qu’on se vengera ! On me dit que les travaux de l’église qui nous valent des échafaudages affreux (et qui réduisent encore le nombre de places) devraient se terminer dans un an environ. Que diriez-vous d’une méga-fête pour fêter la fin des travaux, la fin de la pandémie, et mes 33 ans de sacerdoce, vers le 11 février 2022 ? À la grâce de Dieu !

Les premières semaines à St-Philippe m’enchantent. Je découvre une paroisse très accueillante, et avec un gros potentiel apparemment. Des familles, avec des enfants, un grand groupe scout, un monde professionnel qui grouille dans le quartier et qui attend qu’on lui annonce la Bonne Nouvelle. N’est-ce pas la Providence qui a voulu que je passe douze années à l’école de Notre Dame du Travail, celle qui nous apprend l’offrande du travail et de ses fruits ?… Bref, avec l’Eau Vive et tous ces jeunes, assoiffés de repères solides et d’amitiés vraies, il y a de quoi faire et je pense que je ne vais pas m’ennuyer !

Beaucoup m’ont écrit et témoigné leur amitié fidèle de mille manières. J’espère que personne ne m’en voudra d’avoir laissé mon courrier un peu en jachère tous ces derniers mois. J’aimerais tant répondre à tous, un par un. Mais je dois me contenter de faire passer devant les yeux du cœur, sous le regard de l’Immaculée, le visage et le sourire – ou les larmes – de chacun et de chacune. Tous, ils sont déposés à l’autel, et aussi dans la crèche qui va demeurer chez nous encore pour quelques jours.

Je vous embrasse et vous bénis tous, avec l’affection que vous savez.

À toujours !

Père François Potez +

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